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"Celui qui jette un regard de courte durée sur les flots qui assaillent une grève ne voit pas la marée monter ; il voit une lame se dresser, courir, déferler, couvrir une étroite bande de sable, puis se retirer en laissant à sec le terrain qui avait paru conquis; une nouvelle lame la suit, qui parfois va un peu plus loin que la précédente, parfois aussi n'atteint même pas le caillou que celle-ci avait mouillé Mais sous ce mouvement superficiel de va-et-vient, un autre mouvement se produit, plus profond, plus lent, imperceptible à l'observateur d'un instant, mouvement progressif qui se poursuit toujours dans le même sens, et par lequel la mer monte sans cesse. Le va-et-vient des lames est l'image fidèle de ces tentatives d'explication qui ne s'élèvent que pour s'écrouler, qui ne s'avancent que pour reculer ; au dessous, se poursuit le progrès lent et constant de la classification naturelle dont le flux conquiert sans cesse de nouveaux territoires, et qui assure aux doctrines physiques la continuité d'une tradition."
Méditation d’Oriane (Bic rouge): Je n’ai pas l’habitude de lire des ouvrages de philosophie des sciences. J’ai tort, leurs réflexions vont souvent bien au-delà de la simple réflexion sur la science ce qui, au fond, est naturel car la science se contente d’observer, d’analyser, de classifier, de théoriser des phénomènes… Il me semble que ce texte, plus que de la physique, parle de tout comportement humain car ceux-ci, sous leurs surfaces cachent toujours des mouvements souterrains plus subtils mais essentiels pour les romanciers.
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